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Les archéobactéries, une vie extrême

Dans la classification des êtres vivants, on distinguait traditionnellement 2 groupes majeurs : les eucaryotes et les procaryotes.

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Les premiers, unicellulaires ou pluricellulaires, possèdent des cellules au noyau bien formé alors que les procaryotes, eux, sont des êtres toujours unicellulaires dépourvus de noyau.

 

C'est à ce deuxième groupe qu'appartiennent les bactéries thermophiles et hyperthermophiles. Par la suite (1978), C.R. Woese découvre l'existence de bactéries totalement insolites présentant des caractéristiques procaryotes mais divergeant profondément des bactéries jusqu'alors connues, par leur physiologie et la structure de leur membrane notamment.

 

Le groupe des procaryotes fut alors subdivisé en deux ensembles : les eubactéries (ou bactéries vraies) et les archéobactéries.

 

En résumé, l'ensemble des organismes cellulaires peut donc être divisé en 3 règnes :

  • Les archéobactéries
  • Les eubactéries (bactéries vraies)
  • Les eucaryotes (animaux, végétaux, champignons)
Les hyperthermophiles à l’intérieur de l’arbre phylogénétique Source : Woese et al, 1990
Les hyperthermophiles à l'intérieur de l'arbre phylogénétique Source : Woese et al, 1990

 

Les eucaryotes peuvent supporter une température se situant aux alentours de 60°C même si quelques rares protozoaires, algues et champignons peuvent vivre à de telles températures. Ainsi, le ver de pompéi Alvinella pompejana, est capable de supporter des températures de 80°C, 90°C et même 100° C !

 

Cependant, à de rares exceptions près, seuls les procaryotes se développent au-delà de 60°C. Et encore, ils n'ont pas tous la faculté de supporter de fortes températures. La découverte des archéobactéries en tant que troisième grand phylum de la vie fut donc un événement scientifique majeur : la découverte de l'hyperthermophilie.


En effet, s'il existe quelques eubactéries hyperthermophiles, la grande majorité des microorganismes adeptes de cette chaleur intense sont des archéobactéries.
Ces dernières font preuve d'ingéniosité pour résister à la chaleur dégagée au coeur des sources hydrothermales : tous les êtres vivants sont composés d'assemblages complexes d'atomes et de macromolécules (protéines, acides nucléiques) dans lesquels les atomes sont maintenus par des liaisons. L'augmentation de la température accentue l'agitation des atomes et des molécules, si bien que les liaisons se rompent. Au-delà de 120-150°C toute liaison chimique est donc irrémédiablement détruite. Mais les hyperthermophiles développent de vraies stratégies pour maintenir leurs liaisons et ainsi contrecarrer l'effet de la température sur leurs édifices moléculaires.

 

Archéobactéries
Archéobactéries

 

 Quelques exemples d'archéobactéries thermophiles et hyperthermophiles sous-marines :

 

 

Ordre

 Genre 

Espèce 

Année d'isolement 

T° maximale

Pyrodictiales 

Pyrodictium 

abyssi 

1991 

110

Thermococcales 

Palaeococcus 

ferrophilus 

2000 

83

Thermococcales 

Thermococcus 

aggregans 

1998 

88

Thermococcales 

Thermococcus 

hydrothermalis 

1997 

98

Thermococcales 

Thermococcus 

barophilus 

1999 

85

Thermococcales 

Thermococcus 

 chitonophagus 

1996 

75 

Thermococcales 

Thermococcus 

 atlanticus  

2003 

 

Thermococcales 

 Thermococcus 

fumicolans 

1996

 85

Thermococcales 

Thermococcus 

 guaymasensis 

1998 

88

Thermococcales 

Thermococcus 

pacificus   

1998 

88

Thermococcales 

Thermococcus 

peptinophilus 

1996

85

Thermococcales 

Thermococcus 

profundus 

1995  

80

Thermococcales 

Thermococcus 

siculi  

2000 

 

Thermococcales 

  Thermococcus 

stetteri

1990

88

Thermococcales 

 Pyrococcus

horikoshii 

1999 

98

Thermococcales 

 Pyrococcus

glycovorans 

1999 

95

Thermococcales 

 Pyrococcus

abyssi 

1993 

102

 Archaeoglobales 

Archaeoglobus 

profundus 

1990 

90

 Archaeoglobales

Archaeoglobus 

veneficus 

1998 

 

Methanococcales 

Methanococcus

 jannaschii 

1983 

86

Methanococcales 

Methanococcus

 infernus 

1988 

85

Methanococcales 

Methanococcus

 igneus

1990 

91

Methanococcales 

Methanococcus

 vulcanius 

1999 

80

 Methanopyrales 

 Methanopyrus 

 kandleri 

 1992 

110