L'Arctique est située au Pôle Nord. Son nom vient de arctos* (ours) du fait de la présence au Nord de la constellation de la Grande Ourse.
Sa superficie est de 21 millions de km2, soit 38 fois la superficie de la France !
Elle comprend le Nord des terres qui l'entourent mais la majeure partie de l'Arctique est un océan recouvert aux trois quarts par des glaces permanentes. On appelle la partie centrale de l'Arctique qui est gelée la banquise permanente.
Elle contient des îles : les îles Aléoutiennes (prolongement de l'Alaska), le Groenland et des archipels. Le Groenland est une immense île recouverte par la calotte glaciaire (masse de glace et de neige recouvrant les régions polaires et le sommet de certaines montagnes).
Statut de l'Arctique :
Elle est répartie entre 3 continents (l'Europe, l'Asie et l'Amérique) et appartient à plusieurs pays : Islande, Norvège, Finlande, Danemark, Russie, Canada, Etats-Unis. C'est la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, signée en 1982, qui fixe le statut juridique de l'océan Arctique. Les huit Etats qui l'entourent (Canada, Etats-Unis via l'Alaska, Russie, Finlande, Norvège, Suède, Danemark (via le Groenland) et Islande, contrôlent chacun leurs eaux territoriales, c'est-à-dire les eaux entre le littoral et la limite du plateau continental.
Ces pays peuvent ainsi exploiter une zone économique exclusive, qui s'étend jusqu'à 200 miles nautiques de la côte. Au-delà, s'étend la "haute mer" qui jouit d'un statut international. Pourtant, les supposées ressources d'hydrocarbures attirent les convoitises et certains Etats commencent à revendiquer des zones au-delà de leur zone économique exclusive comme la Norvège, le Canada, la Russie et le Danemark. La fonte des glaces offrirait de nouvelles voies vers ces ressources jusqu'alors inaccessibles... En août 2007, un sous-marin russe a même planté un drapeau en titane sur le fond marin à deux miles du pôle nord, revendiquant ainsi une partie des fonds marins arctiques !
Une région délimitée par la température de l'air !
Ses frontières correspondent à une ligne reliant les lieux où la température moyenne en juillet est de 10°C : la ligne de Köppen. Ce tracé correspond plus ou moins à la limite entre la taïga et la toundra. La taïga est une forêt de conifères qui longe, en une ceinture presque ininterrompue, le nord de l'Eurasie et de l'Amérique, au sud de la toundra. La toundra désigne la formation végétale circumpolaire qui succède vers le nord à la taïga : graminées, mousses, lichens, quelques arbres nains (bouleaux).
Les contours de la région Arctique ne correspondent donc pas exactement à la limite du cercle polaire arctique (rayon de 2 606 km autour du pôle Nord). Sa forme irrégulière est due au fait que par endroit, les courants marins chauds adoucissent le climat (Islande, Scandinavie).
C'est le plus petit des océans : 14 millions de km2 (Océan Atlantique : 106 106 km2, Océan Pacifique : 180 106 km2, Océan Indien : 75 106 km2). C'est pourquoi il est parfois considéré comme une mer glaciaire.
Il regroupe plusieurs mers : Mer de Béring, Mer de Sibérie orientale, Mer des Laptev, Mer de Kara, Mer de Barents, Mer du Groenland, Mer du Labrador, Baie de Baffin, Baie de Huston, Mer de Beaufort.
Son bassin est bordé par des côtes continentales prolongées par des plateaux peu profonds.
Sa profondeur moyenne est de 4 000 mètres dans sa partie centrale et sa profondeur maximale est de 5 520 mètres.
Sa banquise (couche de glace formée par la congélation de l'eau de mer dans les régions polaires) recouvre 40% de sa surface en été et 80% en hiver ! Cette banquise mesure environ 21 millions de km2 en hiver et 6 millions de km2 en été. Cependant, à cause du réchauffement climatique, les chercheurs craignent sa disparition d'ici la fin du siècle. Les glaces de mer de l'Arctique ont encore davantage fondu l'été dernier qu'en septembre 2005, où avait été mesurée la plus petite superficie de glaces de mer depuis les premières observations il y a 30 ans. En août 2007, les glaces de mer recouvraient 5.26 millions de kilomètres carrés, soit moins que le minimum record de 5.32 millions de kilomètres carrés enregistrés les 20 et 21 septembre 2005.
L'océan Arctique est presque fermé. Pendant des millions d'années, il y a eu très peu de connexions en profondeur entre cette mer et les autres océans de la Terre... Aujourd'hui il communique avec l'océan Atlantique entre le Groenland et la Scandinavie, et avec l'océan Pacifique par le détroit de Béring. Ce détroit est l'unique passage maritime possible entre l'océan Pacifique et l'océan Arctique. Bras de mer peu profond, large de 70 km environ, il sépare l'Alaska (Amérique du Nord) de la Sibérie nord-orientale (Russie).
On estime à 2 millions de personnes les peuples du Grand Nord qui sont restés longtemps isolés du reste du monde : Lapons, Inuits, Dolgans, Tchouktches.
L'Arctique aurait été peuplée par les Inuits 18 000 ans avant J-C.
Depuis ils se sont sédentarisés et sont de moins en moins nombreux.
Ils ont survécu malgré les froids extrêmes, jusqu'à -70 °C !
L'hiver dure neuf mois et la nuit polaire : 6 mois ! De septembre à mars, le soleil ne se lève pas !
Malgré ces conditions extrêmes, la faune terrestre, aérienne et sous-marine est très riche.
On y rencontre des pingouins, oiseaux, phoques marbrés, ours polaires, morses, plusieurs espèces de cétacés (baleines à bosse, narvals, bélougas.). Ces animaux ont développé des caractéristiques qui leur ont permis de résister au froid telles qu'une épaisse couche graisseuse ou des poils creux... Les eaux sont riches en microorganismes : plancton, krill.
La flore est principalement composée des végétaux composant la toundra. Ceux-ci se développent sur un sol gelé en permanence en profondeur : la pergélisol. Arbustes et saules nains (là où le sol gelé n'empêche pas trop le développement des racines), herbe, lichens, mousses se développent lentement du fait des conditions climatiques difficiles, de la pauvreté du sol mais attirent les oiseaux migrateurs et servent de nourriture aux rennes.
Pendant l'Antiquité, la légende de l'Hyperborée décrit l'Arctique comme un paradis où des géants pacifistes cohabitent avec les dieux. mais dès le 5ème siècle avant J-C, Hérodote (historien) parle d'une région où "règne pendant 8 mois un froid absolument insupportable.".
Jusqu'à la fin du Moyen-âge, les régions polaires restent inexplorées par l'homme occidental. Seuls quelques voyageurs ou navigateurs nordiques s'en approchent.
Les Vikings en sont les premiers découvreurs : ils atteignent l'Islande au 9e siècle (aux environs de 860).
Erik Le Rouge, explorateur norvégien, chassé de l'Islande pour la même raison que celle pour laquelle son père avait été chassé de Norvège (ils ont tué quelqu'un dans un duel) découvre et nomme le Groenland (Terre Verte) vers 985 et y installe des colons en 988.
Les Vikings s'implantent en Arctique mais la fin du Moyen-âge marque la fin de leur épopée pour plusieurs raisons : intensification du froid, déclin de l'agriculture, chute du prix de l'ivoire, heurts avec la population locale plus nombreuse qu'eux.
Au 16e siècle, les anglais et hollandais se lancent dans la conquête d'un passage en Arctique, espérant atteindre la Chine, sans emprunter les itinéraires du sud contrôlés par l'Espagne et le Portugal et par lesquels sont acheminées vers l'Europe les richesses d'Orient (épices, ivoire, pierres précieuses.).
En 1741, Vitus Behring, explorateur danois au service de la marine russe, découvre le détroit de Béring, passage obligé et commun aux passages du Nord-Ouest (entre le Groenland et l'Amérique du Nord) et du Nord-Est (entre le Groenland et la Scandinavie, la Sibérie).
Du 16e au 19e plusieurs expéditions échouent à cause du froid intense et de la glace épaisse de la banquise qui brise les coques des navires comme pendant l'expédition du Hollandais Willem Barents en 1596 : ses deux navires pris dans les glaces obligent l'équipage à se réfugier sur la banquise. Mais les connaissances sur ces régions lointaines s'enrichissent peu à peu. Certaines expéditions sont particulièrement tragiques comme celle menée par le navigateur britannique John Franklin.
Début 19e, l'Angleterre relance la conquête de l'Arctique.
Le passage du Nord-Est, le long des côtes de la Sibérie, est découvert en 1878 par le suédois Adolf Erik Nordenskjöld, à bord de la "Vaga", navire équipé d'une coque renforcée contre la pression de la glace. Son équipe et lui édifièrent un monument sur le cap Chelyuskine (point le plus septentrional de l'Asie) pour célébrer cette victoire.
Le passage du Nord-Ouest, le long du Canada et de l'Alaska, est franchi par le norvégien Roald Amundsen en 1905, à bord du navire "Gjöa".
En 1889, l'explorateur norvégien Fridtjof Nansen décide d'atteindre le pôle Nord en se laissant dériver à bord du "Fram".
On ignore encore si le pôle est occupé par de la terre ou par une mer. mais on sait que la banquise est en mouvement et qu'il existe un courant dans le bassin polaire. La dérive dure très longtemps ; au bout de deux ans, il quitte le navire avec un autre membre de l'équipage et atteint le point le plus au nord en traîneau (sans atteindre le pôle Nord).
Qui de Robert Peary en 1909 ou de Frederic Cook en 1908 a été le premier à atteindre le pôle Nord ?
Ces deux américains prétendent avoir réussi mais n'ont pas apporté de réelles preuves de leur victoire. Peary finit par être tout de même déclaré vainqueur.
Dès la fin du 19e : alors que l'aviation n'en est qu'à ses débuts, des hommes tentent de s'aventurer au dessus de l'Arctique, puisque la progression sur la banquise est difficile. Mais le danger est toujours présent : en 1897, on ne reverra jamais les passagers du ballon "OERN" de l'ingénieur suédois Salomon Andrée. En 1928, l'italien Umberto Nobile, à bord d'un dirigeable essuie un terrible accident sur le chemin du retour. Nobile est sauvé mais une partie de son équipage périt ainsi que le norvégien Roald Amundsen parti à leur secours.
Ce dernier avait survolé le pôle puis s'était posé en Alaska en 1926. La même année, Richard Byrd avait atteint le pôle Nord en avion et regagné Svalbard (archipel norvégien où se trouve l'île de Spitzberg) après 15h30 de vol.
Atteindre le pôle nord géographique relève désormais de l'exploit sportif, personnel. :
Le commandant Jean-Baptiste Charcot, médecin-explorateur français, après avoir exploré l'Antarctique, collabore à des expéditions en Arctique (1925-1936). Il permet notamment à Paul-Emile Victor de faire son premier voyage en Arctique en acceptant de l'y conduire lors d'un de ses voyages. Il périt dans un naufrage en 1936 au large de l'Islande.
Paul-Émile Victor, chef d'expédition, ethnologue français, entame, en 1934, une étude des Inuit qu'il poursuit en 1936-37, en vivant dans une famille d'adoption. Il note, dessine et photographie tout ce qu'il voit.
En 1936, avec 3 compagnons, en traîneau, il parcourt la calotte glaciaire groenlandaise d'ouest en est. 50 jours sont nécessaires et les difficultés nombreuses (manque de vivres, nécessité d'éliminer des chiens, altitude, froid, vent.).
Pendant la seconde guerre mondiale, engagé dans l'armée américaine, il organise les secours dans les régions arctiques. Après la guerre, il obtient le soutien du gouvernement français pour créer les Expéditions polaires françaises (EPF, 1947) qu'il dirigera jusqu'en 1976. Plusieurs opérations sous sa direction ont lieu au Groenland. Il participe aussi activement à l'étude de l'Antarctique.
Pour en savoir plus sur Paul-Emile Victor : http://www.paulemilevictor.fr/accueil_fr.html
Jean Malaurie, ethnologue, géographe et écrivain français a effectué 32 missions qui l'ont conduit du Groenland à la Sibérie. Spécialiste français de l'Arctique, il s'est engagé en faveur des peuples de l'Arctique dont il a partagé l'existence.
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