Des macro-déchets sur les plages

Il existe plusieurs pollutions qui détruisent la faune et la flore marine.

  • Les pollutions chimiques : les eaux usées et les déchets chimiques non traités sont souvent refoulés directement dans les fleuves qui rejoignent les océans.
  • Les pollutions agricoles : les pesticides et les engrais utilisés en agriculture aboutissent dans la mer où ils sont absorbés par le plancton.
  • Le pétrole : à cause d'accidents pétroliers mais surtout à cause du dégazage, les marées noires gluantes et toxiques empoisonnent et tuent la faune et la flore.
  • Le nucléaire : la présence de radioéléments produit par l'homme dans les océans de la planète date des années 1940.
    En effet, certains pays ont procédé à l'immersion en mer de déchets radioactifs.
    Les sous-marins nucléaires constituent également un grave danger pour le milieu marin en cas de naufrage.
  • Les macro-déchets : ce sont des déchets issus de l'activité humaine. Transportés par les courants marins ou par les fleuves jusqu'au littoral, certains s'échouent finalement sur les plages.

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© Frédéric DEGASNE
© Frédéric DEGASNE

I. D’OU VIENNENT LES MACRO-DECHETS ?

Contrairement à une opinion répandue, ce sont les diverses activités menées à terre (agriculture, industries, transports routiers, stations d’épuration etc.) qui contribuent le plus (à hauteur de 77 %) à la pollution des océans.

Les abandons sur le littoral par les usagers : les usagers des plages (baigneurs, promeneurs, pique-niqueurs, amateurs de sports aquatiques) produisent en moyenne 1 kg de déchets par personne et par jour.
© Stéphanie JAUBERT
Les décharges sauvages : elles furent durant de longues années, la destination finale d’objets domestiques tels que lave-linge, véhicule hors d'usage, ordures ménagères ou produits toxiques (huiles de moteur, détergents).
Depuis 1986 et la mise en place des déchetteries, les décharges sauvages sont plus rares.
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Les navires de passage et plaisanciers : malgré la mise en place d’une loi interdisant l’évacuation des macro-déchets plastiques en mer, certaines personnes indélicates continuent de jeter par-dessus bord leurs ordures.
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Les ports : l'activité portuaire génère des quantités importantes de déchets de toutes sortes, provenant de la manutention des cargaisons sur les quais et les navires, des activités de pêche, de l'entretien des bateaux sur les aires de carénage, mais aussi de l'abandon d'ordures ménagères.
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Les activités domestiques, agricoles et industrielles : toutes les activités humaines, qu'elles soient localisées sur le littoral ou non, produisent des déchets qui sont susceptibles d'être entraînés vers le littoral.
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La pêche et la conchyliculture sont génératrices de déchets qui finissent souvent par échouer sur les plages (cordages, casiers, bouées, filets, polystyrène, bidons).
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II.QUELQUES EXEMPLES DE MACRO-DECHETS ET TEMPS DE DEGRADATION EN MER

Savais-tu qu'il fallait 5 ans pour qu'un chewing-gum disparaisse complètement et 4 000 ans pour qu'une bouteille en verre se soit intégralement dégradée !

Le papier toilette met 2 à 4 semaines pour se dégrader en mer.
Un journal met 6 semaines pour se dégrader en mer.
Un mouchoir en papier met 3 mois pour se dégrader en mer.
La corde met 3 à 14 mois pour se dégrader en mer.
Le mégot de cigarette met 1 à 3 ans pour se dégrader en mer.
Un chewing-gum met 5 ans pour se dégrader en mer.
Du bois peint met 13 à 15 ans pour se dégrader en mer.
Une boîte de conserve met 50 ans se dégrader en mer.
Une bouteille en plastique met 100 à 1 000 ans pour se dégrader en mer.
La cannette en aluminium met 200 à 500 ans pour se dégrader en mer.
Une couche jetable met 400 à 450 ans pour se dégrader en mer.
Le verre met 4 000 ans pour se dégrader en mer.

III. QUELLES QUANTITES DE MACRO-DECHETS DANS LES OCEANS ?

Selon l’Organisation des Nations Unies, chaque kilomètre d’océan contiendrait 120 000 morceaux de plastique flottants et certains endroits concentrent 6 fois plus de plastique que de plancton.

 

On peut distinguer les déchets flottants et les déchets immergés.

 

Concernant le nombre de déchets flottants, il n'existe aucune étude précise. On peut cependant citer ces quelques chiffres :

 

Localisation

Nombre de déchets flottants

Méditerranée

750 millions

Golfe du Lion

5,5 millions

Source : Cedre

 

Concernant les macro-déchets immergés, les études françaises ont débuté en 1992.  Elles montrent que les déchets ont tendance à s'accumuler près de la côte et aussi en profondeur, jusqu'à 2 000 mètres de fond.

 

Les plastiques constituent le matériau prépondérant parmi les débris trouvés au fond de la mer (de 60 à 95 % selon les sites).

 

Localisation

Nombre de déchets gisant
au fond des mers

Méditerranée

300 millions

Mer du Nord

150 millions

Golfe de Gascogne
(entre 0 et 200 m de profondeur)

50 millions

Mer Adriatique
(entre 0 et 200 m de profondeur)

40 millions

Source : Cedre

Dans l'océan Pacifique, une nappe de détritus dérive et grossit depuis les années 1950. Cette immense poubelle avoisinant le tiers de la superficie de l'Europe est le fruit de courants tourbillonnants.

IV. QUELLES CONSEQUENCES POUR LA FAUNE MARINE ?

Les macro-déchets sont une véritable menace pour les animaux marins.

  • Les oiseaux se prennent le bec dans les cercles de plastique qui attachent les boissons.
  • Les tortues, les baleines ou les cachalots s'étouffent car ils confondent les sacs plastiques avec leurs proies (les méduses). On a ainsi retrouvé un cachalot qui avait jusqu'à 50 sacs plastique coincés dans la gorge.
  • Des animaux marins se blessent ou meurent en traversant des amas de détritus.
  • Les phoques et les otaries s'étranglent avec les filets de pêche. S'ils en réchappent, ils meurent lentement d'infections.
  • Le matériel de pêche abandonné est également la cause de la détérioration des barrières de corail. En effet, les filets ou cordages s'accrochent aux récifs et les brisent.
  • Les filets et nasses de pêche perdus ou jetés peuvent rester actifs et capturer les poissons, même lorsqu'ils ne servent plus.
  • Au fil du temps, le plastique se morcèle en tout petits morceaux jusqu'à atteindre des tailles invisibles à l'oil nu. Des études scientifiques ont montré que ces micro-déchets bloquent les systèmes digestifs et respiratoires de certains organismes marins.
  • Le nettoyage mécanique détruit la laisse de mer qui correspond au début de la chaîne alimentaire.

V. ET NOUS, QUELS GESTES POUR PROTEGER LES OCEANS ?

Quelques gestes pour éviter que les déchets n’arrivent sur les plages

  • Déposer les produits toxiques dans les déchetteries (huiles de vidange, peinture.)  afin d'éviter qu'ils polluent les ruisseaux qui rejoindront tôt ou tard la mer.
  • Collecter les piles usées et les remettre dans des lieux de collecte (supermarchés,.) afin d'éviter qu'elles polluent les ruisseaux qui rejoindront tôt ou tard la mer.
  • Trier ses déchets (plastique, verre.) et utiliser des sacs réutilisables et non des sacs plastique jetables.
  • Opter pour les boîtes réutilisables (exemple : préférer les tasses lavables aux gobelets en plastique.) et ainsi éviter les emballages superflus.
  • Ramasser ses déchets après son pique-nique sur la plage.

 

Les actions qui peuvent être menées pour nettoyer les plages

 

Des associations organisent régulièrement des nettoyages de plage.

 

Elles ramassent les macro-déchets en les triant avant de les amener à la déchetterie.

 

Par exemple, l'association Surfrider Foundation organise, dans le cadre des Initiatives océanes, des nettoyages de plages entre le 18 et le 21 mars 2010.

 

Si tu souhaites y participer, consulte la liste des lieux de nettoyage sur http://www.initiativesoceanes.org/.

Consignes de sécurité à respecter pendant un nettoyage de plage

  • Tu dois être accompagné d'un adulte.
  • Porte des gants solides.
  • Garde tes chaussures lors du nettoyage pour éviter de te blesser.
  • Ne touche pas les déchets dangereux, coupants ou piquants (seringues, tessons de verre.).
  • Ne touche pas les déchets suspects (fûts, bouteilles de produits chimiques.).
  • Sois vigilant lors du ramassage des filets de pêche car des hameçons peuvent y être cachés.
  • Ne marche pas sur la dune et ne ramasse pas le bois qui s'y trouve (le bois permet de conserver le bon état des dunes).

VI. UN DECHET, UNE ŒUVRE D’ART ?

Certains artistes ont imaginé une autre forme de recyclage des macro-déchets. Ils assemblent, collent, découpent, ficellent ou peignent le "fruit de leur récolte" créant ainsi des objets insolites !

Toi aussi, deviens un artiste. Pour t’inspirer, tu peux consulter ces sites internet :

AGEEM Marne - Environnement

Sur le site de l'association générale des enseignants des écoles et classes maternelles publiques (AGEEM) de la Marne, tu pourras découvrir des créations d'enfants d'une école maternelle située à Châlons-en-Champagne. Ce projet s'est déroulé en 2005-2006 et avait pour thème « Quand les déchets alimentaires reprennent vie. »

La Cité d’Art Gravage

Cette association est un atelier d'artistes basée à Martinvast dans le Cotentin. Les artistes ramassent des bois flottés, des cordages emmêlés, des plastiques et caoutchoucs rongés et déchiquetés, etc., ils les bricolent et les détournent pour les transformer en véritables ouvres d'art.

Art Gens

Cette association, basée à Lyon, a pour but de retrouver une fonction à des déchets industriels et de sensibiliser le grand public à la nécessité et aux avantages du recyclage en utilisant des moyens créatifs et artistiques.

Littoralement propre

Littoralement propre est une jeune association créée par deux amoureux du littoral passionnés de nature et de sport. Agacés par les amoncellements de déchets ils ont décidé de relever le défi de la propreté et du respect de la nature. Pour faire connaître leur action et rassembler autour d'eux ceux qui partagent les mêmes aspirations, ils organisent des opérations de sensibilisation, de ramassage et également d'expositions de créations à partir d'objets échoués.