Une biodiversité marine en danger

I. QU’EST-CE QUE LA BIODIVERSITE ?

A. Petite explication

 

La biodiversité, c’est la variété de toutes les formes de vie. Les animaux, les plantes, les champignons et les bactéries font partie de la biodiversité mais aussi les paysages et les individus d’une même espèce.

 

Toi aussi, en tant qu’être humain tu en fais partie !

 

La biodiversité est plus précisément divisée en 3 niveaux :

  • La diversité des écosystèmes étant donné que chaque milieu abrite de nombreuses espèces qui ont des relations entre elles.
  • La diversité des espèces puisqu’il y en a des millions !
  • La diversité à l’intérieur des espèces car chaque individu est différent.

B. Une évolution permanente

 

Depuis l’apparition de la vie les espèces évoluent constamment. Certaines disparaissent tandis que d’autres apparaissent.

 

Ainsi, le nombre d’espèces sur la planète change en permanence.

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© La Cité de la Mer - Gilles LEROUVILLOIS
© La Cité de la Mer - Gilles LEROUVILLOIS

C. Des chiffres pour mieux comprendre

© La Cité de la Mer - Gilles LEROUVILLOIS
© La Cité de la Mer - Gilles LEROUVILLOIS

 

Aujourd’hui, on sait qu’il existe 1,7 millions d’espèces :

  • 1,3 millions d’animaux dont 900 000 insectes !
  • 350 000 végétaux
  • 50 000 micro-organismes

Les scientifiques estiment qu’on peut encore découvrir entre 10 et 100 millions d’espèces !


Chaque année, ils découvrent environ 18 000 nouvelles espèces.


Mais malheureusement, entre 25 000 et 50 000 espèces disparaissent tous les ans.


99% des espèces ayant vécu sur Terre n’existent plus !

II. LA BIODIVERSITE MARINE

A. Des êtres vivants riches et variés


On sait que les 3/4 de la surface de la Terre sont constitués par les océans. La biodiversité marine  est donc exceptionnelle.

95 % des espèces se trouvent en effet dans les océans.

 

Les scientifiques ne connaissent pas encore toutes les espèces marines qui existent mais grâce à des sous-marins scientifiques comme le Nautile, ils en découvrent de plus en plus !

 

Partout, il y a de la vie. On y rencontre :

Des cétacés
© Roberto RINALDI / Galatée Film
Des siréniens
© Pascal KOBEH / Galatée Films
Des poissons
© La Cité de la Mer / Sylvain GUICHARD
Des crustacés
© La Cité de la Mer / Frédéric BASSEMAYOUSSE
Des mollusques
© La Cité de la Mer / Lucie LE CHAPELAIN
Des méduses
© La Cité de la Mer / Sylvain GUICHARD
Des algues
© La Cité de la Mer / Frédéric BASSEMAYOUSSE
et même des bactéries* et des microbes.
© Ifremer

 

90% des organismes vivant dans les océans sont des bactéries.

 

Il y a des milliers d’espèces d’algues dans les océans. En fonction des profondeurs de la mer et de la luminosité, elles peuvent être bleues, brunes, rouges ou vertes. Elles sont indispensables à l’équilibre de la vie dans les océans car elles sont le premier maillon de la chaîne alimentaire.


En effet, les algues microscopiques font partie du plancton végétal.

 

Aujourd’hui, on compte 240 000 espèces marines recensées.

 

Beaucoup vivent dans la partie supérieure de la mer, au large des côtes où l’eau froide remonte des profondeurs.

Sais-tu pourquoi ? Parce qu’il y a beaucoup de plancton végétal qui prolifère à la surface de l’eau grâce à la lumière et permet ainsi de nourrir tous les êtres vivants qui forment le début de la chaîne alimentaire.

 

B. Répartition des espèces marines

 

On classe les espèces marines en 2 catégories :

 

Les espèces "benthiques"

 

Elles vivent sur le fond de l’océan.

 

Elles peuvent :

  • se fixer tout en étant mobiles comme les coquillages tels que le lambi ou l’oursin diadème.
  • être complètement fixées comme les anémones et les éponges de mer.
  • être mobiles tout en se cachant dans le fond sableux comme la raie marbrée.
Une raie marbrée (espèce visible à La Cité de la Mer)
© La Cité de la Mer / Frédéric BASSEMAYOUSSE
Une raie marbrée (espèce visible à La Cité de la Mer)
© La Cité de la Mer / Frédéric BASSEMAYOUSSE
Un oursin diadème (espèce visible à La Cité de la Mer)
© La Cité de la Mer / Lucie LE CHAPELAIN
Une anémone (espèce visible à La Cité de la Mer)
© La Cité de la Mer / Sylvain GUICHARD

Les espèces "pélagiques"

 

Elles évoluent en pleine eau.


Elles vivent :

  • au niveau de la surface comme les dauphins et les requins pointes noires.
  • en profondeur comme la pieuvre ou comme les poissons qui nagent en bancs tels que les demoiselles bleues et les poissons cardinaux
Un poisson cardinal (espèce visible à La Cité de la Mer)
© La Cité de la Mer / Frédéric BASSEMAYOUSSE
Un requin pointes noires (espèce visible à La Cité de la Mer)
© La Cité de la Mer / Frédéric BASSEMAYOUSSE

C. Les écosystèmes marins

Un récif corallien © Pascal KOBEH / Galatée Films
Un récif corallien © Pascal KOBEH / Galatée Films

Un écosystème comprend à la fois le milieu naturel, la faune et la flore qui y vivent. Les océans sont composés d’écosystèmes très variés.

 

Voici quelques exemples :

 

Les récifs coralliens

  • Qu’est-ce qu’un récif corallien ?
    Ce sont les squelettes d’animaux appelés polypes qui forment les récifs.
    Les coraux grandissent de quelques centimètres par an.
  • Où vivent les coraux ?
    Les coraux se forment dans les mers tropicales chaudes et peu profondes.
    Ils aiment les eaux claires et lumineuses.
  • Quelle température fait-il dans les récifs coralliens ?
    La température ne descend jamais en dessous de 20°C.
  • Qui vit dans les récifs coralliens ?
    Une faune riche et variée.
    Exemples de faune : les tortues marines comme la tortue verte, les raies manta, les murènes ruban ou encore les poissons-clowns.
Une murène ruban (espèce visible à La Cité de la Mer)
© La Cité de la Mer / Lucie LE CHAPELAIN
Un poisson-clown (espèce visible à La Cité de la Mer)
© La Cité de la Mer / Frédéric BASSEMAYOUSSE
Un mérou
© La Cité de la Mer / Sylvain GUICHARD
Un mérou
© La Cité de la Mer / Sylvain GUICHARD

 

La haute mer

  • Qu’est-ce que la haute mer ?
    C’’est la partie de la mer éloignée des côtes.
  • Où vivent les espèces dans cette zone ?
    La plupart des espèces animales et végétales vivent près de la surface.
  • Quelle température fait-il en haute mer ?
    La température est pratiquement constante car les différences entre la nuit et le jour ne sont pas ressenties au-delà de 1 mètre de profondeur.
    Les différences de température entre l’hiver et l’été sont perçues jusqu’à 180 mètres de profondeur.
    En dessous de 180 mètres, la température enregistre très peu de variations, faisant de ce milieu un environnement stable pour les créatures marines.
  • Qui vit en haute mer ?
    Exemples de faune : les baleines, les thons, les mérous.
Une chimère (espèce visible à La Cité de la Mer) © La Cité de la Mer / Lucie LE CHAPELAIN

Les abysses

  • Qu’est-ce que les abysses ?
    Ce sont les grandes profondeurs des océans. Là où la lumière du soleil ne pénètre plus.
    Les abysses occupent 60% de la surface de l’océan.
  • Où vivent les espèces dans cette zone ?
    On rencontre aussi bien des zones quasi-désertiques que des zones où foisonnent la vie comme les sources hydrothermales.
  • Quelle température fait-il dans les abysses ?
    Il y fait très froid. La température est d’environ 2°C.
  • Qui vit dans les abysses ?
    Il n’y a pas de végétaux parce qu’il n’y a pas de lumière.
    Il fait très noir mais les animaux ont développé des techniques telles que la bioluminescence.

Dans les zones quasi-désertiques, les êtres vivants se nourrissent très peu. Ils mangent le plancton mort qui tombe au fond des océans ou encore le squelette des baleines.
Exemples de faune dans les zones quasi-désertiques : les chimères, les baudroies épineuses abyssales.

 

Près des sources hydrothermales, une faune abondante se développe : elle mange les bactéries qui vivent au niveau des cheminées d’eau chaude.
Exemples de faune au niveau des sources hydrothermales : les vers géants, les moules géantes, des crabes.

D. La chaîne alimentaire

 

Sans le plancton, aucune vie n’existerait dans les mers. Il est à la base de la chaîne alimentaire.

 

Il y a 2 sortes de plancton :

  • le plancton végétal comme les algues microscopiques ;
  • le zooplancton comme le krill.

Le plancton microscopique sert de nourriture aux créatures plus grandes qui, à leur tour, font le repas des petits poissons. Les petits poissons sont ensuite dévorés par des poissons plus gros et ainsi de suite jusqu’aux animaux comme les requins.

 

Le plancton est mangé par la méduse, qui est mangée par la tortue, qui est mangée par le requin.

 

Il y a une exception : la baleine mange directement le plancton ! 

 

 

Un exemple de chaîne alimentaire © La Cité de la Mer - Gilles LEROUVILLOIS
Un exemple de chaîne alimentaire © La Cité de la Mer - Gilles LEROUVILLOIS

III. DISPARITION, MENACES ET DECOUVERTES DES ESPECES

A. Les animaux disparus

Les scientifiques estiment qu’ils connaissent à peine 10% des animaux marins et 1% des bactéries qui peuplent l’océan.

 

A cause des activités humaines, les océans et les espèces qui les peuplent sont aujourd’hui menacés.

 

Certains animaux marins ont déjà disparu comme la rhytine de Steller ou le phoque moine des Caraïbes, d’autres sont en danger.

 

La rhytine de Steller
La rhytine de Steller

La rhytine de Steller a été découverte par des explorateurs russes en 1741. Elle vivait autour des îles du détroit de Béring (Nord-ouest du Pacifique).


La rhytine était très facile à chasser car elle se déplaçait lentement et était inoffensive. On l’appréciait pour sa viande.


A cause de la chasse intensive, elle a disparu en 1768.



Le phoque moine des Caraïbes © Galatée Films

Les scientifiques ont très peu d’informations sur le phoque moine des Caraïbes.


Le phoque moine des Caraïbes a disparu en 1952.


Les chasseurs le dérangeaient sur ses plages de reproduction où les femelles donnaient naissance à leurs bébés.


Les chasseurs et les pêcheurs l’ont traqué jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus un seul.

B. La liste rouge de l’UICN des espèces menacées

  • Qu’est ce que la liste rouge ?

UICN signifie en français Union Internationale pour la Conservation de la Nature.

 

Elle a été créée en 1963.

 

Elle évalue selon des critères scientifiques très précis la situation des espèces animales et végétales du monde entier.

 

Elle dresse ensuite une liste rouge des espèces en danger.

 

Son but : prévenir la population et les responsables politiques pour qu’ils prennent des décisions importantes afin de protéger les animaux et les végétaux menacés de disparition.

  • Les catégories

La liste rouge comprend 9 catégories :

  1. Espèce éteinte.
  2. Espèce éteinte à l’état sauvage (espèces vivent uniquement en captivité).
  3. En danger critique d'extinction.
  4. En danger
  5. Vulnérable.
  6. Quasi-menacée.
  7. Préoccupation mineure.
  8. Données insuffisantes.
  9. Non évaluée.
  • Des chiffres pour mieux comprendre

Les résultats de l’année 2008 montrent que de nombreuses espèces marines sont menacées :


17% des espèces de requins.


12% des espèces de mérous.


27% des coraux.


25% de mammifères marins.


6 espèces de tortues marines.


 

C. Pourquoi les animaux sont-ils menacés ?

Ce sont les humains et leurs activités qui sont à l’origine de ces dégâts :

 

La pêche

  • Les hommes pêchent trop de poissons. Ils atteignent de plus en plus les grandes profondeurs.
  • Les filets pour pêcher sont trop grands et des animaux protégés sont piégés à l’intérieur. Ils se noient ou s’étouffent.
  • Les morceaux de filets de pêche perdus en mer sont en nylon. Ils se décomposent très lentement. Les filets s’enroulent autour du cou des phoques qui meurent étouffés.

Les pollutions


Il existe plusieurs pollutions qui détruisent la faune et la flore marine.

  • Les pollutions chimiques : les eaux usées et les déchets chimiques non traités sont souvent refoulés directement dans les fleuves qui rejoignent les océans. 
  • Les pollutions agricoles : les pesticides et les engrais utilisés en agriculture aboutissent dans la mer où ils sont absorbés par le plancton.
  • Les déchets : on trouve de nombreux déchets dans les océans. Il y a beaucoup de sacs plastiques. Les tortues marines les attrapent et s’étouffent avec, les confondant avec des méduses.
  • Le pétrole : à cause d’accidents pétroliers mais surtout à cause du dégazage, les marées noires gluantes et toxiques empoisonnent et tuent la faune et la flore.
  • Le nucléaire : La présence de radioéléments d’origine humaine dans les océans de la planète date des années 1940. La source principale a été l’essai d’armes nucléaires dans l’atmosphère. Depuis les années 1940, certains pays ont procédé à l’immersion en mer de déchets radioactifs.
    Les sous-marins nucléaires constituent également un grave danger pour le milieu marin en cas de naufrage.

D. Une richesse marine à découvrir

Malgré tous les animaux marins que nous connaissons, il en reste des millions à découvrir ! Il y a dix ans, des scientifiques ont décidé de recenser les espèces marines. Il s’agit du Census of Marine Life (Programme de recensement de la vie marine).

  • Qu’est ce que le projet Census of Marine Life ?

En 2000, des scientifiques de 80 nationalités créaient le Census of Marine Life, un réseau international destiné à mesurer sur dix ans la diversité, la distribution (lieux de vie) et l'abondance de la faune et de la flore marine.
Le recensement se conclura en octobre 2010.

  • Des chiffres pour mieux comprendre

Le Census of Marine Life c’est :

 

17 projets de recherche, menés dans 6 océans.


210 expéditions.


344 chercheurs d
e 34 pays.


5 722 espèces à plus de 1 000 mètres de profondeur.


17 650 espèces au-delà de 200 mètres,
lorsque la lumière est de plus en plus rare.

  • Toujours de nouvelles espèces découvertes

Le projet Census of Marine Life a révélé des espèces jusqu’ici encore inconnues comme la pieuvre "Dumbo" ou le galatée yeti.

La pieuvre "Dumbo"
© David SHALE
La pieuvre "Dumbo"
© David SHALE

 

La pieuvre "Dumbo"

 

Une nouvelle espèce de Grimpoteuthis, ou pieuvre "Dumbo", a été découverte dans les profondeurs abyssales, parmi d'autres espèces surprenantes.

 

Les pieuvres du genre Grimpoteuthis tirent leur surnom des nageoires implantées sur leur tête, lesquelles les font ressembler au célèbre éléphanteau des studios Disney.


Rares et méconnues, les pieuvres "Dumbo" intriguent encore beaucoup les scientifiques, qui se réjouissent de la découverte d'une nouvelle espèce.


Longue d'environ 1,80 mètre, cette pieuvre a été aperçue à plus de 1 600 mètres de profondeur.

Le galathée yéti
© Ifremer/A. FIFIS
Le galathée yéti
© Ifremer/A. FIFIS

Le galathée yéti


Le 22 mars 2005, lors d'une mission à 1 000 km au sud de l'île de Pâques, Michel SEGONZAC chercheur au laboratoire "Environnement profond" du centre Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) de Brest, découvre un étrange crustacé blanc mesurant environ 15 centimètres.


Cela se passait à 2 300 mètres de profondeur sur une source hydrothermale.

 

Cet animal étrange est un décapode car il a 10 pattes !


Mais il se distingue entre autres par son absence d'yeux et son étonnante pilosité. Il a en effet beaucoup de "poils", une particularité jamais observée chez les autres décapodes. En effet, toute la surface de ses longues pinces est bizarrement recouverte de longues soies.

 

Le nom latin qui lui est donné, Kiwa hirsuta, vient du nom de la déesse des crustacés dans la mythologie polynésienne de l'île de Pâques. Mais les scientifiques l'ont spontanément baptisé "yéti" à cause de ses "poils".

 

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