Apparu en 1120 après J.-C., le mot "monstre" signifiait "prodige, chose incroyable". Il vient du latin monstrum (ce terme du vocabulaire religieux désignait un prodige avertissant de la volonté des dieux, un signe à déchiffrer) qui lui-même provient de monstrare (montrer).
A la Renaissance et au 17ème siècle, le mot "monstre" était fréquemment utilisé et s'appliquait d'abord aux êtres humains et animaux ayant des déformations physiques, ainsi qu'à des créatures composites aux formes étonnantes. Cela englobe les phénomènes cosmologiques et météorologiques (comète*, arc en ciel.), ou les objets "inanimés" (ainsi en médecine : les calculs rénaux sont considérés "comme choses monstrueuses").
Actuellement, notre définition a évolué et lorsque l'on parle d'un monstre, il peut s'agir d'un :
1. Être fantastique des légendes, des mythologies et des traditions populaires.
2. Animal de taille exceptionnelle. Les grands cétacés sont également appelés monstres marins.
3. Être difforme.

Dans l'Antiquité, tout ce que l'homme ne peut pas atteindre (le ciel, le fond des mers.) est le domaine des dieux et des héros. Ainsi, l'un des douze travaux d'Hercule fut de tuer l'Hydre de Lerne, serpent d'eau à corps de chien possédant plusieurs têtes.
Poséidon, le dieu grec des mers et des océans (Neptune chez les romains), apparaît dans de nombreux récits dont "L'Odyssée" d'Homère où il poursuit Ulysse de sa vengeance, car le héros a tué son fils, le cyclope Polyphème.
A la Renaissance, l'homme sait peu de chose du monde marin. Sur les cartes marines ou portulans, les cartographes font apparaître des monstres marins pour orner les espaces vides, mais aussi parce que l'on croyait encore en leur existence et qu'ils apparaissaient comme des démonstrations divines.
Dans la "Cosmographie" de Münster, publiée en 1552, les contours du monde sont plus précis : les océans sont mieux dessinés et le continent américain, récemment découvert, est inséré. Et l'on note, aussi étonnant que cela puisse paraître, la présence de monstres marins ! Ces ouvrages remportaient beaucoup de succès. Cela peut expliquer en partie la persistance de ces images dans les traités géographiques ou scientifiques.
En 1561, Olaus Magnus évoque les horribles monstres marins qui se trouvent sur la côte norvégienne : "Il se trouve dans la mer de Norvège, des poissons forts étranges et monstrueux, dont on ne connaît pas le nom [.], ils provoquent une grande frayeur quand on les regarde et semblent fort cruels."
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