En effet, le 7 octobre 1991, Le Redoutable revient à Cherbourg après 20 années d’exercice, 58 patrouilles et 90 000 heures de plongées.
DCN, constructeur du Redoutable se lance alors dans le démantèlement du navire qui durera un peu plus de deux années.
Dans le courant de l’année 1993, la tranche réacteur est séparée du reste du sous-marin puis transportée sur une aire antisismique spécialement aménagée et protégée.
Doit-on réhabiliter le premier sous-marin nucléaire qui a assuré l’indépendance militaire de la France ? Cette idée germe dans l’esprit de passionnés.
En 1989, pour la première fois, une étude est menée. Le ministère de la Défense est prêt à confier Le Redoutable à une collectivité. Mais, le coût d’une réhabilitation du sous-marin est estimé à 400 millions de francs.
Les élus locaux de Cherbourg abandonnent l’idée. Parallèlement, l’ancienne Gare Maritime Transatlantique de Cherbourg est sur le point d’être condamnée à la démolition…
Les membres de l’association pour une Cité Navale ne baissent pas les bras et maintiennent le projet en continuant les discussions avec l’Etat et en obtenant des subventions.
L’Amiral Louzeau, premier commandant de l’équipage bleu du sous-marin appuie le dossier auprès du plus haut représentant de l’Etat.
En 1994, les élus dont Bernard Cauvin, président de Communauté urbaine de Cherbourg attrapent le virus de La Cité de la Mer. Ils imaginent localiser ce nouveau lieu touristique dans l’ancienne Gare Maritime Transatlantique.
Il est ainsi décidé que Le Redoutable deviendrait le pôle principal de la future Cité de la Mer. Il sera exposé à sec dans une darse spécialement conçue à cet effet, et sera transformé en musée.
Echappé de la condamnation à l’oubli, Le Redoutable sera le premier sous-marin nucléaire visitable au monde.
« Le Redoutable va devenir un objet du patrimoine maritime »
François Milou, architecte de La Cité de la Mer
Le 19 janvier 1996, le ministère de la Défense décide de faire don du Redoutable à la Communauté urbaine de Cherbourg en vue d’en faire l’attraction de la future Cité de la Mer.
Cette opération unique en son genre, réalisée par l’arsenal de Cherbourg en collaboration avec la Communauté urbaine de Cherbourg nécessite un investissement de 25 millions de francs, financé en totalité par le ministère de la Défense.