La forme de radoub est effectivement trop étroite pour permettre le passage d’un navire accompagné d’un attelage de remorqueurs ou de pousseurs et, elle est très haute par rapport au niveau moyen de la mer. Le Redoutable ne peut donc pénétrer dans la darse qu’à marée haute de fort coefficient, et par conditions météorologiques parfaites.
Toutes les prouesses techniques doivent être réunies pour introduire et échouer un bâtiment de 128 mètres de long sur 10,60 mètres de large dans une darse de 136 mètres sur 19 mètres. La darse est en effet dépourvue d’un dispositif de fermeture, de moyens d’assèchement et d’infrastructures de manutention ou d’amarrage.
Deux solutions s’offrent aux ingénieurs : soit agrandir la porte de la forme, soit découper les ailerons du Redoutable.
La seconde solution est choisie pour des raisons de coûts et de délais. Il est effectivement décidé de réduire chaque aileron de 1,05 mètre afin de réduire la largeur du sous-marin à 11,40 mètres. Les ailerons seront ressoudés après l’entrée du Redoutable dans la darse qui doit définitivement l’accueillir.
Poisson d’avril : les ailerons ne seront pas découpés en zigzag et provisoirement installés au pied de la statue Minerve sur le rond-point de la Gare Maritime Transatlantique comme l’avait annoncé La Presse de la Manche un certain 1er avril 2000…
L’opération projetée étant jugée impossible par houle de plus de 50 centimètres de hauteur, et seulement envisagée sous réserve d’une étude particulière pour tout risque de clapot compris entre 30 et 50 centimètres, les conditions météorologiques sont déterminantes dans les heures qui précèdent la manœuvre.
La date du 4 juillet est choisie car une marée d’un coefficient 101 est prévue.
Si les conditions météorologiques ne sont pas réunies, l’opération pourrait être reculée de plusieurs mois en attendant de forts coefficients de marées…