Une darse sur mesure

Creusée entièrement dans la partie nord du quai de France et à ciel ouvert, les travaux de la forme de radoub débute en juin 1999.

La darse de La Cité de la Mer devait être conçue pour répondre à un projet touristique. C’est pourquoi, elle ne répond pas aux normes des bassins destinés à accueillir les bâtiments militaires en construction ou en opération programmée d’entretien.

La forme de radoub est effectivement trop étroite pour permettre le passage d’un navire accompagné d’un attelage de remorqueurs ou de pousseurs et, elle est très haute par rapport au niveau moyen de la mer. Le Redoutable ne peut donc pénétrer dans la darse qu’à marée haute de fort coefficient, et par conditions météorologiques parfaites.


Toutes les prouesses techniques doivent être réunies pour introduire et échouer un bâtiment de 128 mètres de long sur 10,60 mètres de large dans une darse de 136 mètres sur 19 mètres. La darse est en effet dépourvue d’un dispositif de fermeture, de moyens d’assèchement et d’infrastructures de manutention ou d’amarrage.

Le Redoutable ne passe pas…

Le déroulement des travaux ne se fera pas sans mauvaise surprise. A l’automne 1999, le dessinateur de l’arsenal met sur papier le sous-marin en position d’entrée devant la forme. Il s’aperçoit très vite que les ailerons du Redoutable ne peuvent pas franchir la forme.

En effet, la porte de la forme mesure 12,60 mètres tandis que la largeur du sous-marin est estimée à 13,50 mètres.

Deux solutions s’offrent aux ingénieurs : soit agrandir la porte de la forme, soit découper les ailerons du Redoutable.

 

La seconde solution est choisie pour des raisons de coûts et de délais. Il est effectivement décidé de réduire chaque aileron de 1,05 mètre afin de réduire la largeur du sous-marin à 11,40 mètres. Les ailerons seront ressoudés après l’entrée du Redoutable dans la darse qui doit définitivement l’accueillir.


Poisson d’avril : les ailerons ne seront pas découpés en zigzag et provisoirement installés au pied de la statue Minerve sur le rond-point de la Gare Maritime Transatlantique comme l’avait annoncé La Presse de la Manche un certain 1er avril 2000…

Une météo optimale

Afin de relever le défi de faire entrer Le Redoutable dans la darse, la Marine Nationale et DCN, coresponsables de la cession du sous-marin à la Communauté urbaine de Cherbourg, ont défini un créneau de faisabilité de trois jours...

Ces 3 jours correspondent aux plus grandes marées du début de l’été 2000, la force du vent pouvant les contraindre à annuler le transfert jusqu’à la dernière minute.

L’opération projetée étant jugée impossible par houle de plus de 50 centimètres de hauteur, et seulement envisagée sous réserve d’une étude particulière pour tout risque de clapot compris entre 30 et 50 centimètres, les conditions météorologiques sont déterminantes dans les heures qui précèdent la manœuvre.


La date du 4 juillet est choisie car une marée d’un coefficient 101 est prévue.

 

Si les conditions météorologiques ne sont pas réunies, l’opération pourrait être reculée de plusieurs mois en attendant de forts coefficients de marées…