
Côté provisions : 34 000 kilos de viande, 7 000 laitues, 40 tonnes de pommes de terre, 6 810 litres de lait, 36 000 oranges et 20 000 bouteilles de bière sont embarqués.
De grandes quantités de vaisselle, couverts, verrerie sont également prévues : 12 000 assiettes plates, 2 500 carafes à eau, 8 000 fourchettes, 1 200 plats à pudding… ! Côté linge, on embarque 6 000 nappes, 25 000 serviettes de toilette et 45 000 serviettes de tables…
Le Titanic est si imposant que les réserves de charbon de 3 bateaux sont nécessaires pour le voyage, soit 13000 m3 répartis dans 12 soutes. Il consomme en effet 1,5 kg de charbon pour chaque mètre parcouru.
Le Titanic a la capacité d'embarquer 2 435 passagers et 885 hommes d’équipage (3 320 personnes au total) mais "seulement" 2 201 personnes (1 316 passagers et 885 hommes d’équipage) prendront place à bord du paquebot.
Le 10 avril, vers 10h, les premiers passagers montent à bord du paquebot.
Ils sont répartis sur différents niveaux selon qu’ils sont en 1ère, 2ème ou 3ème classes : chaque classe possède sa propre passerelle et des ponts séparés. Il faut rappeler qu'en 1912, le monde était divisé en classes sociales nettement partagées en fonction du milieu d'origine, de la fortune et de l'éducation reçue.
Le bateau est luxueux et sa décoration raffinée. Les 4 suites royales offrent de somptueux aménagements. Chaque suite comporte ainsi un salon, deux chambres à coucher, deux garde-robes, une salle de bains avec toilettes attenantes.
Les passagers de 1ère classe composés d'aristocrates et de personnes fortunés disposent d’un gymnase, d’un bain turc, d’une piscine, de cafés et de fumoirs (réservés aux hommes). Les femmes se rendent dans les salons de lecture et de correspondance. Deux salons de coiffure (l’un en 1ère classe et l’autre en 2ème) sont également accessibles : les passagers peuvent également y acheter des souvenirs de voyages tels que des cartes postales, des fanions…
Pour se rendre dans la vaste salle à manger (30 mètres de longueur) richement décoré avec des alcôves et des fenêtres à vitraux, les passagers de 1ère classe empruntent un grand escalier de style Art nouveau, surmonté d’un dôme en verre...
Les passagers de 2ème classe où l'on compte des professeurs et des commerçants disposent d’installations comparables à celles de la 1ère classe sur d’autres paquebots. Les repas servis aux 2èmes classes sont d'ailleurs préparés dans les mêmes cuisines que ceux des 1ères classes !
Les 3èmes classes sont le plus souvent des émigrants européens partis chercher fortune dans le Nouveau Monde. Sur le Titanic, ils voyagent dans de meilleures conditions que sur la plupart des autres paquebots. Bien que cantonnés dans les parties basses du navire, ils logent dans des compartiments de 4 à 6 couchettes (à la place des dortoirs traditionnels) et disposent d’une salle à manger où leur sont servis 3 repas par jour (sur les autres bateaux, ils doivent emmener leur nourriture). Ils disposent également d’un salon et d’un fumoir.
Un passager déboursera un minimum de 40 dollars pour une couchette dans une cabine de 3ème classe, 65 dollars en deuxième et 125 en première. Les cabines de luxe et les suites atteignent des prix fabuleux. Ainsi, un appartement avec 3 ou 4 domestiques coûte 4 500 dollars.
Le Titanic appareille le 10 avril pour son voyage inaugural à destination de New-York. Il effectue auparavant 2 escales à Cherbourg en France et à Queenstown en Irlande.
A Cherbourg, il mouille en grande rade le 10 avril entre 18h30 et 20h10 et embarque 274 passagers. Ils sont transportés jusqu'au paquebot via les transbordeurs Nomadic (réservé aux 142 passagers de 1ère classe) et Traffic (pour les passagers de 3ème classe, les sacs postaux et les bagages). Parmi les passagers fortunés embarqués à Cherbourg, on peut citer John Jacob Astor IV, l'un des hommes les plus riches d'Amérique.
Le lendemain, le jeudi 11 avril, le Titanic mouille devant Queenstown à 11h30. 113 passagers montent à bord. Le Titanic lève l'ancre à 13h30 pour entamer sa traversée de l'Atlantique nord.

Entre le 12 et le 14 avril, le Titanic reçoit différents messages radio émanant d'autres navires lui signalant la présence d'icebergs. Le 12 avril c'est le navire français La Touraine puis le 13 avril, c'est le tour du Rappahannock qui a d'ailleurs endommagé sa proue et son gouvernail au contact des glaces.
Le dimanche 14 avril à 13h40, les 2 opérateurs-radiio reçoivent un message du Baltic, un autre navire de la White Star Line : "[...] le vapeur grec Athinai signale avoir croisé des icebergs et une grande banquise ce jour, dérivant par 41°51 de latitude nord et 49°52 de longitude ouest [...]"
Le message est immédiatement donné au commandant Smith qui, au lieu de le transmettre aussitôt aux officiers de quart, le glisse dans sa poche. Il a précédemment communiqué au second lieutenant, Charles Lightoller, un message similaire provenant du Caronia,. Ce télégramme est affiché dans la salle des cartes des officiers de quart.
Selon le témoignage du président de la White Star Line, Bruce J. Ismay (qui fait parti des passagers lors de ce voyage inaugural), le commandant Smith lui aurait remis le message du Baltic sans faire aucun commentaire. Il l'aurait ensuite récupéré vers 19h et l'aurait affiché dans la salle des cartes.
A 13h45, le navire allemand Amerika, signale 2 grands icebergs dans une zone proche du Titanic. Ce message ne sera pas transmis au commandant Smith.

Suivront les messages du Californian à 19h30 et du Mesaba à 21h40. Ce dernier radiogramme donne la position des glaces (de 42° à 41°25 latitude nord et de 49° à 50°30 de longitude ouest) et signale une banquise très épaisse avec un grand nombre de gros icebergs ainsi que des champs de glaces. Il ne sera pas non plus transmis au commandant. Il semble que l'opérateur était submergé de travail : il devait en effet envoyer les nombreux messages adressés par les passagers à leurs amis, familles ou relations d'affaires... Il a par ailleurs transmis plusieurs radiogrammes à la passerelle et ce dernier message ne lui paraît pas spécialement important.
A 21h20, le commandant Smith discute avec le 2ème lieutenant Lightoller : la nuit est claire, la mer est calme, il n'y a pas un souffle de vent. Les deux hommes se demandent à quel moment ils risquent de rencontrer la banquise et comment ils pourront la repérer. Le commandant Smith quitte son adjoint en lui indiquant que si le temps se voile, il faudra réduire la vitesse du bateau. Il lui demande également de le prévenir immédiatement s'il éprouve le moindre doute.
Dix minutes plus tard, Lightoller donne instruction aux deux veilleurs postés dans le nid-de-pie de faire particulièrement attention aux icebergs et glaces dérivantes. Une instruction qui sera renouvelée à 22 heures lors de la relève.
Vers 22 heures, tandis que certains passagers regagnent leurs cabines, d'autres bravent le froid de la nuit (la température est de 1°C) pour une dernière promenade sur le pont. Le fumoir de 1ère classe grouille de monde, plusieurs tables sont occupées par des joueurs de bridge. Une heure plus tard, les salles et salons du Titanic sont presques vides.
Vers 23h30, les 2 veilleurs postés dans le nid-de-pie remarquent une masse noire devant eux, ils sonnent alors la cloche 3 coups, indiquant une présence sur l'avant. L'un des deux veilleurs empoigne le téléphone. Au bout du fil, dans la timonerie, le 6ème lieutenant Moody lui répond.
- "Un iceberg, droit devant ! "
Moody transmet le message au 1er lieutenant Murdoch qui au même moment aperçoit l'iceberg. Il se jette alors sur le télétransmetteur relié à la salle des machines pour donner l'ordre de faire machine arrière et ordonne en même temps au quartier-maître Hichens de virer à tribord. Celui-ci réagit immédiatement en tournant vivement la roue. Murdoch actionne également le levier de fermeture des portes étanches.
Tous retiennent leur souffle tandis que la masse sombre se rapproche rapidement. Le changement de cap s'amorce. Il semble que le Titanic va éviter l'obstacle mais, au moment où l'iceberg commence à défiler le long du flanc tribord, le bruit d'une déchirure se fait entendre.
L'iceberg a ouvert une brèche à tribord sur plus de 90 mètres au-dessous de la ligne de flottaison. Des blocs de glace tombent sur le pont.
Les 6 premiers compartiments étanches et la chaufferie sont submergés en moins de 10 secondes. Les barrières automatiques n'atteignant pas le plafond, l'eau passe de salle en salle.
Le commandant Smith alerte alors l'ingénieur en chef Andrews qui confirme l'ampleur des dégâts. L'avant du navire, près de l'endroit heurté par l'iceberg, s'enfonce dans l'eau. Andrews estime qu'il reste environ 1h, 1h30 avant le naufrage (en fait 2h30 s'écouleront entre le moment de l'impact et sa disparition).
Les réactions des passagers varient selon l'endroit où ils se trouvent et de leur activité au moment de l'impact. La plupart d'entre eux sont endormis et ne se sont aperçus de rien. Quelques passagers inquiets de ne plus entendre le bruit des moteurs sortent de leurs cabines. Néanmoins, pour l'ensemble des passagers, il semble inconcevable que le Titanic, surnommé l'insubmersible, ait pu subir des dommages irréparables.
Cependant, pour les quelques passagers de 3ème classe qui logent dans les cabines situées à l'avant, près de la zone d'impact, la réalité est tout autre : ils ont bien entendu le choc et se retrouvent déjà les pieds dans l'eau.
A Minuit, le commandant Smith donne l'ordre de lancer un SOS.
A 00h05, le commandant Smith ordonne le rassemblement de l'équipage et donne l'ordre d'amener les canots à hauteur du pont. A l'époque, les règles instituées par le ministère du commerce britannique n'obligeait pas l'installation de canots en nombre suffisant à bord des paquebots. A bord du Titanic, il y avait 14 grands canots de sauvetage pouvant contenir chacun 64 personnes, 2 canots de secours et 4 radeaux pliables de 38 places chacun - soit une capacité totale de 1 176 personnes. Or, il y a à bord 2 201 personnes (1316 passagers et 885 hommes d’équipage).
Les passagers sont invités à enfiler leurs gilets sauvetages. Composés de flotteurs en liège recouverts d'une toile épaisse, ils assuraient le maintien en surface d'une personne mais ne la protégeait pas du froid glacial de l'eau.
A 00h25, le 1er canot est mis à l'eau. Ordre est donné de faire embarquer les femmes et les enfants d'abord. Malheureusement, des canots seront mis à l'eau alors qu'ils ne sont pas remplis.
A 2h15, tandis que l'avant du Titanic plonge de plus en plus, l'arrière du paquebot se soulève presque jusqu'à la verticale.
Trois minutes plus tard, les immenses chaudières explosent et traversent les cloisons étanches ; la détonation est assourdissante. Quelques secondes après l'effondrement de la seconde cheminée, le Titanic se brise en deux. A 2h20, la poupe se dresse à la verticale avant de s'enfoncer à son tour à 3 800 mètres de profondeur et reposer à quelques centaines de mètres de la proue.
Sur les 1 316 passagers, 499 seront sauvés (soit 37.94%) (dont 203 sur les 325 embarqués en 1ère classe soit 62.46% ; 118 sur 285 en 2ème classe soit 41.40% ; 178 sur 706 en 3ème classe soit 25,21%). 212 des 885 hommes d'équipage (23,95%) survivront au naufrage du Titanic (soit au total 711 personnes sur les 2 201 embarquées). Les pertes subies par les 3ème classes sont dues au fait qu'ils étaient logés dans les ponts inférieurs plus difficiles d'accès et que beaucoup d'immigrants ne comprenaient pas l'anglais.
Une majorité de femmes (296 sur 402 soit 73.63%) et d'enfants (57 sur 109 soit 52.29%) seront sauvés. On dénombre en effet 146 hommes sauvés sur les 805 embarqués (soit 18,14%).
Entre 4h10 et 8h50, le Carpathia qui, à 150 km de là, a capté un des SOS, recueille les rescapés. Il accostera à New-York le 18 avril.