I. Naissance d’un géant

A. Trois "super-paquebots" pour la White Star Line

L’idée de la construction du Titanic germe dans les esprits de J. Bruce Ismay et de James Pirrie en 1907 lors d’un dîner à Londres.

Le paquebot "Queen Mary" en escale à Cherbourg (entre 1933 et 1939)
Le paquebot "Queen Mary" en escale à Cherbourg (entre 1933 et 1939)

 

Le premier est directeur général de la compagnie de navigation White Star Line tandis que le second est associé senior de la société Harland et Wolff, qui a construit tous les navires de la White Star Line. Leur objectif : contrer leur principal concurrent la Cunard Line qui vient de lancer le Lusitania et le Mauretania.

 

Ces deux compagnies britanniques, la White Star Line et la Cunard Line se partagent le marché du transport transatlantique de passagers sur les lignes d’Amérique du Nord.

 

La White Star Line souhaite construire 3 "super-paquebots" : plus grands, plus sécurisants et plus luxueux qu’aucun autre au monde. Leurs entrées en service s’échelonneront de 1911 à 1914. Ces bâtiments devront transporter 2 400 passagers, 2 000 tonnes de fret à une vitesse moyenne d’environ 22 nœuds.  La White Star Line mise sur la capacité et le luxe des installations ainsi que sur la régularité et la sécurité plutôt que sur la vitesse. C’est en effet l’époque du "Ruban Bleu" : une course de vitesse où les paquebots doivent traverser le plus vite possible l’océan Atlantique.


Avec ces navires, la White Star Line pourra proposer un départ de Southampton tous les mercredi et une arrivée à New-York  6 jours et demi plus tard.

 

Les chantiers navals Harland et Wolff situés à Belfast (Irlande du Nord) sont chargés de la construction des 3 "super-liners". Ils emploient plus de 14 000 personnes et peuvent fabriquer simultanément 8 navires. Pour mener à bien le projet, ils entreprennent de transformer 3 formes de radoub en 2 bassins géants. Un pont roulant haut de près de 75 mètres, le plus grand jamais réalisé, est construit au-dessus des nouvelles cales sèches. L’architecte Alexander Carlisle et l’ingénieur en chef des chantiers Thomas Andrew définissent les caractéristiques générales des 3 bâtiments. Avec 268 mètres de long et 45 000 tonnes, les 3 nouveaux paquebots surclassent le Lusitania et le Mauretania. Ils seront les plus grands navires du monde et leurs noms sont parlants : Olympic, Titanic et Gigantic.

 

Dans le même temps, J. Bruce Ismay, directeur général de la White Star Line, engage des pourparlers avec les responsables du port de New-York qui ne disposent pas de quais assez longs pour accueillir ces nouveaux navires.

 

Le 16 décembre 1908, les ouvriers posent le 1er élément de la quille du futur Olympic. Le 31 mars 1909, c’est au tour du Titanic. Le 20 octobre 1910, l’Olympic est lancé et remorqué au bassin où son armement sera achevé.

 

Le 31 mai 1911, le Titanic est lancé devant des milliers de spectateurs. L’achèvement des travaux a lieu en mars 1912. Les essais se déroulent le 1er avril. Deux jours plus tard,  le navire arrive à Southampton d’où il appareillera une semaine après pour New-York.

 

B. Un paquebot moderne et sécurisé

Le "Titanic" mesure 269 mètres de long (une trentaine de mètres de moins que la tour Eiffel). Large de 28 mètres de large, il possède 10 ponts, dont 4 ponts promenades privés. Il mesure de la quille aux cheminées 53 mètres de hauteur.

Un graphique comparant la taille du Titanic (269 mètres) avec des monuments célèbres de l'époque comme le gratte-ciel Woolworth (New-York) et ses 228 mètres de haut ou la grande pyramide de Guizèh ("Kheops") et ses 137 mètres de hauteur.
Un graphique comparant la taille du Titanic (269 mètres) avec des monuments célèbres de l'époque comme le gratte-ciel Woolworth (New-York) et ses 228 mètres de haut ou la grande pyramide de Guizèh ("Kheops") et ses 137 mètres de hauteur.

 

En comparaison, le Lusitania et le Mauretania mesurent respectivement 262 et 264 mètres de long. Il possède en outre trois énormes ancres dont le poids total est de 31 tonnes ! J. Bruce Ismay décide de le doter de 4 énormes cheminées (dont une factice) car cela lui confère, selon lui, une ligne plus harmonieuse,

 

La sécurité est de mise sur le Titanic avec une coque à double fond et 16 compartiments étanches. La fermeture des portes étanches s’effectue depuis la passerelle par commande électrique. Le navire peut continuer à flotter avec 2 compartiments principaux envahis.


Tous les organes majeurs (chaufferies, machines, turbine) sont placées dans des compartiments indépendants. En cas de voie d’eau, 5 pompes de ballast, en liaison avec 3 pompes de cale ont une capacité d’évacuation de 400 tonnes d’eau à l’heure. Par ailleurs, des détecteurs de fumée et de chaleur ont été installés dans tous les locaux névralgiques directement reliés à un centre de sécurité capable d’intervenir dans les plus brefs délais.

 

Côté propulsion, le Titanic possède 3 immenses hélices mues par des moteurs à vapeur développant 46 000 chevaux pour une vitesse de croisière d’environ 22,5 noeuds (environ 42 km/h). La vapeur est fournie par 29 chaudières et 159 foyers.

 

L’énergie électrique (10 000 ampoules, sans compter les appareils culinaires, le chauffage, le système de réfrigération et d’aération !) qui dépasse celle consommée par une ville moyenne de l’époque est fournie par 4 dynamos d’une puissance de 400 kilowatts.

 

Le Titanic dispose également d’une installation téléphonique moderne utile pour les passagers (les cabines de luxe peuvent ainsi entrer en communication avec le bar, le restaurant) et pour l’équipage (le mécanicien-chef a la possibilité d’entrer en liaison avec la salle des machines et avec chacune des 6 chaufferies situées dans des compartiments étanches).

 

Pour communiquer avec la terre, le paquebot possède une installation TSF de grande puissance. Il est équipé de 2 grands mâts de 62 mètres de haut qui portent les antennes utilisées pour la transmission des messages radio.

 

Il semble par ailleurs offrir une grande sécurité de navigation : équipements « dernier cri » (compas, table traçante...), et dispose par ailleurs d’un appareil de détection acoustique d’obstacles immergés.

 

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