48 hommes et 14 femmes de nationalités suédoises, norvégiennes, allemandes, américaines ou japonaises s’embarquent à bord de l’Oden pour une campagne de 40 jours. Il y a des scientifiques, des ingénieurs, des marins, des pilotes d’hélicoptère (le brise-glace Oden a son propre hélicoptère !), des étudiants, des cuisiniers, des informaticiens, des mécaniciens, un docteur, un météorologiste, des journalistes. 30 personnes pour faire fonctionner le bateau et 32 personnes pour étudier les profondeurs arctiques...
Ils sont partis de Longyearbyen au Spitzberg (Svalbard, Norvège) le 1er juillet et sont revenus le 10 août 2007.
Pour les nourrir, tout a été prévu ! Le navire peut, en effet, stocker des provisions pour 2 voyages de 6 semaines : 600 kg de café, 4 000 œufs, 850 litres de lait et 1,5 tonnes de pommes de terre... Beaucoup de pommes de terre avec des recettes qui en ont étonné plus d’un !
Le développement de ce type de robot intéresse également l’agence spatiale américaine, la NASA (National Aeronautics and Space Administration), dans le cadre de l’exploration d’un océan glacé sur Europa, une des lunes de Jupiter. C’est pourquoi la NASA a financé le projet en partenariat avec le Woods Hole Oceanographic Institution.
Oden est par ailleurs employé pour mettre à l’eau la sonde CTD et les robots sous-marins : il casse la glace et utilise ses jets d’eau pour créer des trous.
La sonde CTD mesure également la température de l’eau - forcément plus élevée en présence de sources hydrothermales – et détecte la présence de particules issues des sources. Elle transmet ensuite ces données aux chercheurs restés à bord. Elle couvre rapidement une zone mais ne peut aller que dans des endroits accessibles par le navire, elle est en effet traînée derrière l’Oden.
Puma est déployé en premier.
C’est un chasseur de sources hydrothermales capable de détecter et d’analyser la nature des sources, la chimie et la température ainsi que la concentration des fluides. Puma est programmé pour intervenir dans n’importe quelle zone. Cependant, il faut 8 heures pour le descendre et le remonter du fond et parfois plusieurs heures pour le récupérer ! Il faut par ailleurs recharger ses batteries entre chaque mission.
Jaguar est envoyé après Puma.
Il s’immobilise au-dessus des sources hydrothermales pour cartographier la zone, photographier les sources et la vie sous-marine à proximité.
Il est traîné derrière le brise-glace et descend au fond sur un câble ou un treuil. Il intervient après Jaguar et Puma dès que des sources hydrothermales sont localisées. Il est équipé d’une caméra et de lumières ainsi que de propulseurs pour le manœuvrer et le placer au-dessus des sources.
Il prélève des échantillons de roches et est également équipé d’une « pelle » pour recueillir les animaux immobiles type palourdes et d’un « aspirateur » pour attraper des animaux qui se déplacent comme les crevettes.
Le prélèvement d’échantillons biologiques est très important car les scientifiques souhaitent extraire l’ADN de ces organismes pour le comparer à ceux issus d’autres sources hydrothermales et mieux comprendre l’évolution des espèces.
Cependant, les scientifiques ont accumulé des indices de leur présence. La sonde CTD a ainsi détecté dans une zone de grands panaches d’eau contenant des particules, des produits chimiques et de l’eau chaude. Le robot Camper a également filmé dans la même zone de l’eau opaque et une matière jaune constitué de microbes ou construite par des microbes qui couvraient des fissures au fond.
Une multitude de questions restent en suspens. Les chercheurs ont encore de nombreuses heures de travail dans leurs laboratoires à terre pour étudier les données collectées durant ces 5 semaines en mer. A suivre...
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